Toutes les actualités

StratégieMai 20264 min de lecture

Souveraineté numérique : un partenariat avec l'Europe, ni américain ni chinois

Selon la dernière mise à jour de la CNUCED, l'Afrique doit investir 61 milliards de dollars par an pour combler son retard en infrastructures numériques. En 2024, à peine 15 milliards ont été investis, soit quatre fois moins que nécessaire.

Des infrastructures gérées sur le continent

Pendant que le débat se poursuit, vingt-cinq pays ont adopté MOSIP, une plateforme d'identité numérique en source ouverte développée à Bangalore. La Ghana Card, l'identité numérique rwandaise, qui couvre déjà près de neuf adultes sur dix, ou le Maisha Namba kényan sont des outils essentiels. Ils permettent à l'État de verser une bourse, de soigner un enfant ou de suivre un colis sans dépendre des serveurs d'une entreprise étrangère. La souveraineté numérique, c'est cela : des registres publics hébergés à Kigali, à Accra ou à Nairobi, et non dans un centre de données en Californie.

Le rôle que l'Europe peut jouer

C'est sur ce terrain que doit se construire le partenariat avec l'Europe : non par des chartes éthiques de principe, mais par des investissements communs et concrets. Cela passe par des centres de données peu émetteurs de carbone, par la formation aux modèles d'intelligence artificielle en langues africaines, et par la mise en cohérence des règles de protection des données entre le RGPD européen et le futur protocole numérique de la ZLECAf. Face à Washington et à Pékin, Bruxelles dispose d'un atout : une réglementation déjà fondée sur les droits fondamentaux. Encore faut-il la proposer comme un partenaire et non l'imposer, en acceptant que les normes continentales soient rédigées à Addis-Abeba et appliquées de la même manière des deux côtés de la Méditerranée.

Le numérique africain ne doit être ni américain ni chinois, mais africain.

Efficient Network — Conseil en stratégie et développement MEA.