En 2025, Tanger Med a traité 11,1 millions de conteneurs, un record continental. Mais un pont se juge à ses deux rives, et la rive sud reste largement sous-exploitée.
Minéraux critiques : l'Afrique doit transformer ses ressources sur place
L'Afrique détient 30 % des réserves mondiales de minéraux critiques, dont 95 % des réserves de chrome et 90 % de celles de platine. Pourtant, moins d'un dixième de la valeur ajoutée mondiale de ces filières est créée sur le continent.
La fin des exportations de minerais bruts
Treize pays africains, dont la Namibie, le Botswana, le Ghana, le Nigeria, la Tanzanie et la République démocratique du Congo, ont restreint ou interdit l'exportation de minerais bruts. L'objectif est clair : ne plus exporter les minerais nécessaires à la transition énergétique sans les avoir transformés sur place.
Comme le rappelle le Policy Center for the New South dans sa note d'avril, la transformation locale n'est pas une posture nationaliste. C'est la condition d'une industrialisation africaine crédible dans les batteries, les semi-conducteurs et les panneaux solaires.
Transformer les minerais sur place est la condition d'une véritable industrialisation du continent.
Le choix de l'Europe
L'Europe doit désormais choisir. Elle peut continuer à signer des contrats limités à l'extraction et constater, dans dix ans, qu'elle dépend toujours des chaînes d'approvisionnement asiatiques. Elle peut aussi investir, avec l'Union africaine, dans des raffineries sur le continent, des écoles de métallurgie et des infrastructures de transport.
Pour la première fois, la ZLECAf rend cette option réaliste : un marché continental unique permet de rentabiliser des usines de grande taille. Un partenariat équilibré, ce n'est pas une aide budgétaire, mais une chaîne de valeur partagée.
Les ressources minières de l'Afrique ne doivent plus être vendues à bas prix. Elles doivent servir de base à son industrialisation.
Efficient Network — Conseil en stratégie et développement MEA.