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CapitalJuin 20262 min de lecture

Dette africaine : la souveraineté en jeu

Chaque Africain consacre désormais soixante-dix dollars par an au seul paiement des intérêts de sa dette publique. C'est 1,8 fois ce que le continent dépense pour sa santé, et plus des deux tiers de ses budgets cumulés de santé et d'éducation. Le créancier passe avant le malade.

Cette saignée n'a rien d'accidentel, et les travaux récents du centre panafricain ACET le confirment sans détour. L'Afrique emprunte à des taux deux à quatre fois supérieurs à ceux des États-Unis, et six à douze fois supérieurs à ceux de l'Allemagne, non parce qu'elle rembourse mal, mais parce que les marchés la jugent risquée par habitude. Le service de sa dette extérieure absorbe désormais près de dix-neuf pour cent des recettes publiques en Afrique subsaharienne, trois fois plus qu'il y a une décennie. Face à des créanciers fragmentés (porteurs privés d'obligations, prêteurs hors Club de Paris, contrats adossés aux ressources), le cadre de restructuration du G20 a échoué.

Reprendre la main exige deux gestes. À l'intérieur : des lois de transparence sur l'endettement et des règles budgétaires votées par les parlements. À l'extérieur : une voix africaine pleine au sein du FMI et du G20, pour refonder l'architecture de restructuration. Non une tutelle déguisée en partenariat, mais un pont assumé entre l'Europe et l'Afrique, entre égaux.

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